Roland Goigoux, chercheur à l'Université de Clermont-Ferrand, spécialiste reconnu de la lecture, vient d'être exclu, par le Ministère, de la formation des Inspecteurs de l’Education nationale et de certaines activités de formation continue. Son crime ? Avoir osé dire que l'acte de lecture est complexe et que son apprentissage ne peut se réduire au syllabique.
A ce niveau de qualification universitaire, la pensée divergente et la confrontation des points de vue sont constitutives de la démarche scientifique. Le Ministre, lui, impose sa "vérité" par voie admnistrative. Ainsi, une fois de plus, ce gouvernement et pris en flagrant délit de "guerre à l'intelligence".
Ce Ministre n'est pas sans rappeler, à une moindre échelle heureusement, le cas Lyssenko sous la dictature stalinienne.
N'oublions pas :"Quand la raison sommeille, les monstres s'éveillent" (Goya)
C’est bien connu le niveau baisse. D’ailleurs, de mon temps, dans les années soixante, quand j’etais au lycée, on entendait déjà des adultes dire : le niveau baisse. En terminale, notre professeur de mathématiques, nous a dit que, quand il a passé son bac en 1923, les anciens disaient : le niveau baisse. Platon se lamentait sur la baisse de niveau des jeunes. On trouve même des graffitis sumériens déplorant la baisse du niveau. Alors depuis le temps que le niveau baisse il y a belle lurette que nous sommes tous nuls et qu’en conséquence ce que nous disons est nul.
Chez les jeunes il y aurait, soi disant, des manuels et des intellectuels. On va même jusqu’à nous parler d’intelligence de la main. Comme si la main pouvait avoir une intelligence séparée du reste. Voilà encore une vieille lune qu’on nous ressort régulièrement et qui est une assertion purement idéologique ne correspondant pas aux savoirs que l’on a aujourd’hui sur la structure fonctionnelle du cerveau.
Mais de quoi s'agissait-il ? Une étude scientifique menée à l'Université de Toulouse conclut que chez certaines espèces d'oiseaux, quand la nourriture est abondante les parents privlilégient les plus faibles mais que si la nourriture vient à manquer ils vont privilégier les plus forts. Au fond cette étude met en évidence la flexibilité des comportements en fonction de circonstances.
Le titre du Figaro préfère sombrer dans l'affect (...sacrifient... des nichées) et a des relents idéologiques de sinistre mémoire (...sacrifient les plus faibles...). On pouvait attendre mieux d'un journal qui, en son temps, fut une référence intellectuelle.
