Métamaths : travailler en formel uniquement

Publié le par Charles Lostis


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Puisque le calendrier électoral nous offre une pause, revenons à nos moutons. L'idée du soutien a été évoquée lors de cette campagne. Mais en ce domaine, vingt ans d'expériences montrent que c'est une idée, certes séduisante, mais un peu courte. Ce n'est pas expliquant ou en faisant refaire qu'on aide un élève. C'est en le faisant verbaliser ses stratégies en situations diverses et pas uniquement scolaire, que nous créons chez lui une dynamique de progrès. Il n'y a pas de réussite possible pour qui veut tout de suite aller droit au but. Conduite de détour et lenteur sont les conditions de la réussite. La métacognition est l'outil privilié de cette démarche, alliée à la pédagogie de la médiation. Nous poursuivons donc notre exploration des possibles. Pas ludique, pas de sens, nous sommes au niveau purement formel, au plus près de la perception.


Publié dans Exercices

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Z
> Il n'y a pas de réussite possible pour qui veut tout de suite aller droit au but.
J'aimais bien les métaphores footballistiques bidons pour remonter le moral des élèves. Bon OK là tu as eu 5/20 pour les inéquations mais bon, tu crois que les types sur le banc de touche arrêtent de s'entraîner en pensant qu'un jour, miraculeusement, ils retrouveront la feuille de match car on aura changé d'entraîneur. Faut lutter, c'est la clé du match. C'était beau. J'étais à mon apogée.
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C
Par ses métaphores le prof cherche à dédramatiser, à réduire l'anxiété, à protéger l'estime de soi, pour stimuler un rebond. Mais il ne propose pas de pistes pour aider l'élève à résoudre sa difficulté.  C'est une approche très psychologique. Il est vrai que jusqu'à une période récente nous n'avions que ça pour répondre aux difficultés des élèves. Depuis, les sciences cognitives ont radicalement changé les approches.Dans votre exemple, il s'agit de la projection prématurée de savoirs anciens, car très automatisés, sur une situation nouvelle qui nécessite au contraire un  apprentissage. C'est fréquent et classique. C'est le reflet d'une anxiété, normale en situation de nouveauté, qui empêche de résister à la montée d'idées dominantes. La stratégie consiste alors à retarder l'émergence de ces idées, en allongeant la phase de prise d'indices sur le réel. Il faut savoir que la communication dans le cerveau est à base de chimie et non d'électricité. Sur les réseaux non automatisés, le fonctionnement est très lent. Il faut laisser le temps du frayage en mémoire. L'imagerie médicale, montre qu'avec un entraînement intense l'automatisation d'un savoir prend environ 6 mois. Car la stabilisations des réseaux neuronaux passe par des modifications protéiques. Or le tunr over des protéines est de 3 semaines. Voilà pourquoi prendre son temps est déterminant en phase d'apprentissage.